Ce référentiel présente les principes et les moyens de prévention des escarres chez les patients atteints d'une tumeur ou d'une hémopathie maligne ainsi que la prise en charge des escarres.
Prévention en fonction du score de cotation du risque
Prévention standard
Soins d'hygiène corporelle au moins une fois par jour
Surveiller les points d'appui deux fois par jour
Installer un matelas à air dynamic et/ou coussins de positionnement
Contact à prendre avec la diététicienne pour adapter un régime alimentaire
Faire prescrire un traitement antalgique approprié
Eduquer le patient et sa famille sur les mobilisations régulières
Contacter le service de kinésithérapie pour conseils sur la prise en charge
Faire des transmissions écrites régulières
Planifier les mobilisations au niveau du planning mural
Prévention renforcée
Soins d'hygiène corporelle deux fois par jour
Surveiller les points d'appui au moins trois fois par jour
Installer systématiquement un matelas à air dynamic
Faire prescrire un régime alimentaire renforcé en protéines par le biais du service diététique
S'assurer de la prescription d'un traitement antalgique avec évaluation quotidienne
Eduquer le patient et sa famille sur les risques évolutifs de l'escarre
Faire prendre en charge le patient par un kinésithérapeute pour obtenir des mobilisations efficaces et moins douloureuses
S'assurer de transmissions écrites précises et régulières
Planifier les mobilisations et les soins au niveau du planning mural
Prévention maximale
Soins d'hygiène corporelle trois fois par jour
Surveiller les points d'appui à chacun des changes
Mettre en place d'un matelas à air dynamic systématique
Visites régulières de la diététicienne pour adaptation de l'apport protéique
Adapter le traitement antalgique selon les évaluations régulières
Prise en charge par une kinésithérapeute pour des mobilisations efficaces
Transmissions écrites précises et régulières au niveau du dossier de soins
Planification des soins et des mobilisations au niveau du planning mural.
Soins d'hygiène corporelle
Leurs objectifs sont de préserver une peau intacte afin qu’un érythème débutant soit réversible.
La toilette corporelle
| | Recommander une douche quotidienne ou un brancard douche si patient alité. |
| | Utiliser un savon doux neutre, ne pas frotter. |
| | Rincer et sécher soigneusement. |
La toilette du siège
| | Réalisée le plus tôt possible après l’émission de selles. |
| | Effectuée après avoir changé les couches ou les alèses souillées. |
| | Suivie d’un massage. |
Les massages
| | Ils seront doux, réalisés par effleurage, onction des zones fragiles avec une crème grasse hydratante Ex. : BIAFINE®. (Attention, des allergies à la BIAFINE® sont possibles), ESCARINE®, huile de massage Rivadouce®. |
| | Ce soin doit être réalisé à mains nues, le port de gants provoquant un échauffement de la peau favorisant l’escarre. |
| | Le message et la friction des zones à risques sont à proscrire. |
Techniques d'effleurage
La technique d'efleurage consiste en un glissement avec une pression modérée.
La technique :
La technique d'effleurage consiste en un glissement avec une pression modérée. Il est effectué sur les zones d'appui et la périphérie.
Les manœuvres doivent :
s'inscrire dans un but d'amélioration de la circulation locale,
favoriser la détente,
favoriser une relation d'échange et de confort entre le patient et le soignant.
Les manœuvres ne doivent pas :
Léser les tissus : décoller, pétrir, pincer et étirer les tissus,
Être douloureuses.
Ce qu'il faut faire :
La technique d'effleurage se fait sans gant avec la main ouverte, toute la main y compris la paume.
Le temps d'effleurage ne doit pas être inférieur à 3 mn.
La fréquence du soin et les horaires sont programmés sur le diagramme de soin.
Ce qu'il ne faut pas faire :
Interdiction formelle d'utiliser glaçons et sèche-cheveux,
Ne jamais exercer de pression sur une lésion constituée, y compris une rougeur persistante, ni sur une peau comportant des lésions type hématome, eczéma, des rougeurs ou taches dont on ne connaît pas l'origine, à proximité d'une articulation inflammatoire ou sur un membre suspect ou porteur d'une lésion vasculaire, artérielle ou veineuse.
Le change
| | Le change des draps et alèses assure une literie propre, sèche, sans pli, sans particule ni présence de miettes (dans le cas où le repas serait pris au lit). |
| | Il permet de contrôler régulièrement l’humidité de la peau et de remédier aux phénomènes de transpiration ou d’incontinence. |
| | Il est réalisé au minimum trois fois par 24 heures si le patient est alité. |
| | En présence d'un matelas à eau ou à air, privilégier seulement un drap non bordé |
La gestion de l'incontinence
L’identification de l’origine de l’incontinence ainsi que son caractère réversible ou définitif permettra de mettre en place les solutions adaptées.
| Moyens : | |
| | Privilégier la pose d’un étui pénien. |
| | Mettre en place une couche absorbante avec un change régulier et programmé (Ex : à chaque mobilisation) pour éviter les macérations. |
| | Proposer le plat-bassin ou accompagner le patient aux toilettes à chaque fois que cela est possible et pour favoriser l’autonomie du patient. |
| | Poser une sonde urinaire (selon prescription médicale) pour une incontinence quasi-permanente ou dans le cas où la mobilisation serait très difficile ou douloureuse (Ex : métastases osseuses). |